Ce blog a été créé par l'atelier d'écriture "le Rêve et la Plume". Il intervient à Pau, la plaine de Nay, Oloron et dans le Béarn et peut le faire, sur demande, dans d'autres lieux.
Les textes que vous trouverez ci-dessous proviennent d'un "défi d'écriture" lancé par notre atelier avec les journaux "la République" et l'Eclair".
Outre ces défis nous animons des ateliers d'écriture réguliers. Ils ont lieu sur Pau au rythme d'une séance tous les 15 jours environ, les premières séances commençant :
samedi 17 septembre de 9h15 à 12h15
mardi 20 septembre de 18h30 à 21 heures
vendredi 23 septembre de 9h00 à midi.
Toute personne intéressée peut avoir plus de renseignement sur notre blog, affiché ici en lien,
par mail à : ecriturepau@gmail.com
ou en nous appelant au 06 09 43 23 85
Transhumances au fil des mots
Textes et images sur les transhumances en Béarn - Blog de l'atelier d'écriture "Le Rêve et la Plume"
mercredi 31 août 2011
lundi 18 juillet 2011
Trans…humances (Nouveau texte...)
Accompagner les troupeaux vers les hauts alpages, à pied et à leur rythme.
Quitter la civilisation bruyante, pour le monde du silence et des saveurs de la nature.
Grimper à travers les collines rondes pour atteindre le pied des plus hauts sommets.
Humer l’air pur, les senteurs de foin, de bouses, de crottins, de crin et de laine.
Ecouter, avec une joie toute neuve les jappements des chiens, les bêlements des brebis, les tintements des sonnailles…
Toucher la laine rêche des moutons,
Croquer, avec gourmandise les baies sauvages, juteuses et suaves,
Reconnaître un buis, un genévrier tout en marchant.
Et vers le soir, sentir l’odeur de la terre encore chaude et de l’herbe déjà humide se faufiler dans les narines.
Apprécier le souffle caressant du vent dans les cheveux…
Enfin, s’allonger sur l’herbe grasse et moelleuse,
Se reposer et se plonger dans les étoiles, tout en écoutant les chants des bergers.
Savoir qu’on a le privilège d’être au bout du monde, proche d’une vie ancestrale,
Et le savourer pleinement en s’endormant repue d’un bonheur simple.
MC
Juillet 2011
Quitter la civilisation bruyante, pour le monde du silence et des saveurs de la nature.
Grimper à travers les collines rondes pour atteindre le pied des plus hauts sommets.
Humer l’air pur, les senteurs de foin, de bouses, de crottins, de crin et de laine.
Ecouter, avec une joie toute neuve les jappements des chiens, les bêlements des brebis, les tintements des sonnailles…
Toucher la laine rêche des moutons,
Croquer, avec gourmandise les baies sauvages, juteuses et suaves,
Reconnaître un buis, un genévrier tout en marchant.
Et vers le soir, sentir l’odeur de la terre encore chaude et de l’herbe déjà humide se faufiler dans les narines.
Apprécier le souffle caressant du vent dans les cheveux…
Enfin, s’allonger sur l’herbe grasse et moelleuse,
Se reposer et se plonger dans les étoiles, tout en écoutant les chants des bergers.
Savoir qu’on a le privilège d’être au bout du monde, proche d’une vie ancestrale,
Et le savourer pleinement en s’endormant repue d’un bonheur simple.
MC
Juillet 2011
mercredi 6 juillet 2011
Aboutissement de notre défi d'écriture
Voici les textes que nous avons recueillis suite à notre "défi d'écriture" lancé avec la collaboration des journaux : la République et l’Éclair.
Ce défi consistait à "Écrire la transhumance" dans le cadre d'un projet plus global que nous allons mener au fil des mois pour écrire notre patrimoine Béarnais et Pyrénéen.
A cet instant nous avons 33 textes écrits par 23 personnes, mais n’hésitez pas à apporter votre témoignage, d’autant que nous allons organiser un stage « carnet de transhumance » les 7, 8 et 9 juillet en Vallée d’Ossau, (renseignements au 06 09 43 23 85) qui permettra par lui-même d’alimenter ce blog de quelques autres textes.
La présentation de ce blog va être un peu sommaire, mais nous privilégions la rapidité dans la présentation des textes à l'esthétique.N'hésitez pas à aller de page en page, puisque, malheureusement, nous ne pouvions pas mettre tous les textes sur la première. Vous allez voir il y a des perles jusqu'au dernier texte !
Nous serons heureux d'avoir vos commentaires.
D'ici là, bonne lecture !
Pour ceux qui nous découvrent vous aurez un panorama de nos actions sur notre blog : atelierdecriturepau.blogspot.com
Christian Garrabos
Ce défi consistait à "Écrire la transhumance" dans le cadre d'un projet plus global que nous allons mener au fil des mois pour écrire notre patrimoine Béarnais et Pyrénéen.
A cet instant nous avons 33 textes écrits par 23 personnes, mais n’hésitez pas à apporter votre témoignage, d’autant que nous allons organiser un stage « carnet de transhumance » les 7, 8 et 9 juillet en Vallée d’Ossau, (renseignements au 06 09 43 23 85) qui permettra par lui-même d’alimenter ce blog de quelques autres textes.
La présentation de ce blog va être un peu sommaire, mais nous privilégions la rapidité dans la présentation des textes à l'esthétique.N'hésitez pas à aller de page en page, puisque, malheureusement, nous ne pouvions pas mettre tous les textes sur la première. Vous allez voir il y a des perles jusqu'au dernier texte !
Nous serons heureux d'avoir vos commentaires.
D'ici là, bonne lecture !
Pour ceux qui nous découvrent vous aurez un panorama de nos actions sur notre blog : atelierdecriturepau.blogspot.com
Christian Garrabos
Acrostiche TRANSHUMANCE
Tout le troupeau, pour le grand départ est enfin
Rassemblé. Les vaches sont prêtes sur le chemin
A faire les premiers pas qui mènent vers les hauteurs
Nourricières. Les bêtes pleines d'ardeurs
Se déplacent sur des kilomètres puis font une
Halte. A leurs pieds, l'eau cristalline opportune,
Une ombre bienvenue et une touffe d'herbe
Méritée. Puis on repart vers les monts superbes
Attendus et fantasiés par les mammifères
Nonchalents. Les mufles respirent alors les airs
Chargés d'oxygène devant un grand tapis vert
Eclatant. Enfin, l'herbage leur est offert!
Grégor Huet
Rassemblé. Les vaches sont prêtes sur le chemin
A faire les premiers pas qui mènent vers les hauteurs
Nourricières. Les bêtes pleines d'ardeurs
Se déplacent sur des kilomètres puis font une
Halte. A leurs pieds, l'eau cristalline opportune,
Une ombre bienvenue et une touffe d'herbe
Méritée. Puis on repart vers les monts superbes
Attendus et fantasiés par les mammifères
Nonchalents. Les mufles respirent alors les airs
Chargés d'oxygène devant un grand tapis vert
Eclatant. Enfin, l'herbage leur est offert!
Grégor Huet
Suivre l’herbe
Le printemps est déjà bien engagé. Les hommes de la terre ont retourné la végétation hivernale pour faire place aux semences. L’herbe a disparu enfouie sous l’épaisseur du soc. Le fourrage d’hiver a été ruminé et digéré par le bétail. Si l’herbe existe en plaine n’occupant que quelques parcelles, c’est pour remplacer le fourrage ; L’horloge des saisons ne s’arrête jamais.
Mais où est donc passé l’herbe nourricière ?
Les bêtes le savent bien, bientôt elles sentiront l’appel de l’estive avec ses grands espaces et son air pur des montagnes. Coïncidence ou analogie religieuse, il va falloir monter vers la terre promise, trouver l’herbe en ce jour de l’Ascension. Le miracle va s’accomplir de nouveau.
La vie continue sur les hauteurs vertes de nos Pyrénées, l’herbe y est bonne : ni trop grasse, ni trop sèche. Le fromage sera la promesse du meilleur des bêtes et du savoir-faire ancestral du berger.
Didier Filipowiak Lourdios-Ichère, le 04 juin 2011
Mais où est donc passé l’herbe nourricière ?
Les bêtes le savent bien, bientôt elles sentiront l’appel de l’estive avec ses grands espaces et son air pur des montagnes. Coïncidence ou analogie religieuse, il va falloir monter vers la terre promise, trouver l’herbe en ce jour de l’Ascension. Le miracle va s’accomplir de nouveau.
La vie continue sur les hauteurs vertes de nos Pyrénées, l’herbe y est bonne : ni trop grasse, ni trop sèche. Le fromage sera la promesse du meilleur des bêtes et du savoir-faire ancestral du berger.
Didier Filipowiak Lourdios-Ichère, le 04 juin 2011
mardi 5 juillet 2011
A Borce, autrefois…
La montée des troupeaux aux estives avait lieu le jour de la Saint-Jean, premier jour de l’été et la descente à la Saint-Michel (fête patronale de Borce et de Bedous) au tout début de l’automne. Le jour de la Saint-Jean, mon père amenait les vaches au pâtre communal à Belonce et, le lendemain, commençait à faucher les foins, ne posant la faux qu’à la Saint-Michel.
Les bêtes, équipées la veille de grosses sonnailles « métaous et esquiros de route » avaient compris que le jour de l’estive était enfin arrivé. Toute la nuit meuglement et bêlements retentissaient et, au lever du jour, les troupeaux se hâtaient vers les estives. Les bêtes se hâtaient et n’avaient besoin de personne pour les guider. Elles montaient vers les « couyalas » où les bergers les accompagneraient plus de trois mois, dormant dans des cabanes primitives de vingt mètres carrés encombrées par trois pasteurs, chiens labrits et pastous, trois chaudrons à fromages et une douzaine de cruches à lait. Devant la porte sommeillaient les ânes et grognaient six porcs engraissés au petit lait.
Montée bruyante dans le tintamarre des cloches, les cris des bergers et les aboiements. La famille accompagnait le berger et montait sur trois ânes le paquetage pour l’été. Cruches et chaudrons à fromages, matelas et couvertures, sac de 50 kg de sel dont les bêtes étaient friandes, vêtements du berger et premières provisions dont un demi-jambon, des patates et une cruche pleine de vin. Les ânes pliaient sous des charges de 100 kg, suivis de deux cochons et du berger parapluie bleu en bandoulière et qui redressait la tête en passant dans les villages.
Après une montée harassante de dix heures, bêtes et gens arrivaient à la vesprée dans la cabane commune à trois bergers. On installait les paquetages, on faisait un grand feu pour le premier souper de fête pendant que le berger trayait les brebis pour le premier fromage d’estive. On faisait enfin le repas du soir de l’estive, préparé par les femmes qui serrées sur le bas flanc à côté des hommes passeraient la nuit à l’estive.
On se bâfrait, on buvait une partie de la nuit et l’on chantait bien entendu, « Ma près per fantesio, aouan dem ha Pastou. Ben hey la grand houlo cuan pringou y lou bastou ».
Et l’étoile du Saint, veillait sur bêtes et gens.
Jean-François Bayé-Pouey, Oloron
Les bêtes, équipées la veille de grosses sonnailles « métaous et esquiros de route » avaient compris que le jour de l’estive était enfin arrivé. Toute la nuit meuglement et bêlements retentissaient et, au lever du jour, les troupeaux se hâtaient vers les estives. Les bêtes se hâtaient et n’avaient besoin de personne pour les guider. Elles montaient vers les « couyalas » où les bergers les accompagneraient plus de trois mois, dormant dans des cabanes primitives de vingt mètres carrés encombrées par trois pasteurs, chiens labrits et pastous, trois chaudrons à fromages et une douzaine de cruches à lait. Devant la porte sommeillaient les ânes et grognaient six porcs engraissés au petit lait.
Montée bruyante dans le tintamarre des cloches, les cris des bergers et les aboiements. La famille accompagnait le berger et montait sur trois ânes le paquetage pour l’été. Cruches et chaudrons à fromages, matelas et couvertures, sac de 50 kg de sel dont les bêtes étaient friandes, vêtements du berger et premières provisions dont un demi-jambon, des patates et une cruche pleine de vin. Les ânes pliaient sous des charges de 100 kg, suivis de deux cochons et du berger parapluie bleu en bandoulière et qui redressait la tête en passant dans les villages.
Après une montée harassante de dix heures, bêtes et gens arrivaient à la vesprée dans la cabane commune à trois bergers. On installait les paquetages, on faisait un grand feu pour le premier souper de fête pendant que le berger trayait les brebis pour le premier fromage d’estive. On faisait enfin le repas du soir de l’estive, préparé par les femmes qui serrées sur le bas flanc à côté des hommes passeraient la nuit à l’estive.
On se bâfrait, on buvait une partie de la nuit et l’on chantait bien entendu, « Ma près per fantesio, aouan dem ha Pastou. Ben hey la grand houlo cuan pringou y lou bastou ».
Et l’étoile du Saint, veillait sur bêtes et gens.
Jean-François Bayé-Pouey, Oloron
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